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Le temps, vu par une ex-impatiente

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En février tout est profondément endormi. Bien que parfois les rayons de soleil soient si vifs et aveuglants, ils n’arriveront aucunement à troubler le profond sommeil de la nature qui nous entoure. Parfois j’ai l’impression que le soleil de février est impatient d’attirer le printemps et qu’il déploie tout son pouvoir afin de tenter d’accélérer et de changer l’ordre des choses. Pendant longtemps ce soleil de février m’a fait penser à moi, l’impatiente que j’étais.

 

L’accélération

Dans mon cas, l’impatience s’est traduite dans ma vie par un fort désir d’accélérer les choses; avancer plus vite vers mes rêves, accélérer les jours plus tristes, précipiter les voyages ou les événements marquants, je voulais tout vivre et tout obtenir et cela dès maintenant. Ayant été un témoin impuissant de plusieurs décès précoces, je crois que
ma perception du temps et de la vie en a été fortement teintée. Cela a peut-être ancré ce si grand désir d’accélération. Je crois aussi que l’autre facette de ces tristes événements m’a amenée à tenté de conjurer le sort en voulant aller plus vite que lui tout en fuyant ainsi les moments de latence comme s’ils me ramèneraient peut-être à des
douleurs trop vives.

L’hibernation

Oui, je fuyais. Je fuyais les moments trop calmes ou trop plats car je ne voulais trop réfléchir. Je fuyais car j’avais peur de ne plus être en mesure de repartir, de me remettre en action. Je fuyais car j’avais si peur de rester paralysée, engluée dans une stagnation, voire une solitude interminable. Oui, je fuyais. Et cette fuite alimentait l’accélération
toujours plus rapide que je tentais de créer. Et plus je fuyais, plus j’accélérais, plus je me fatiguais. Mais même fatiguée, je me refusais à arrêter, à stagner.

Faire du temps son allié

Ce qu’il y a de merveilleux avec le développement personnel c’est qu’à chaque livre, film, citations ou conférence que tu prends le temps d’intégrer, l’effet papillon se déploie. Tu lis en lien avec un sujet précis qui te préoccupe et c’est beaucoup plus large que cela que l’effet papillon se déploie en toi et autour de toi. Ainsi je ne saurais dire avec
précision quel a été l’élément qui a le plus contribuer à ma transformation. Mais un jour j’ai eu l’intime conviction qu’il en était autrement. Ce n’était pas en misant sur l’accélération que j’irais vraiment ni plus vite ni plus loin. Ce
n’était pas en fuyant les moments de calme, d’endormissement ou de latence que j’aurais de meilleures réponses, prendrais de meilleures décisions ou serais plus vive et joyeuse. À l’image de la nature qui s’endort pour renaître au printemps, qui prend son temps pour se régénérer, je comprenais qu’en refusant de prendre le temps et en
accélérant tout le temps je ralentissais en fait le cycle de la création. Un jour j’ai su qu’en moi c’était installée une paix à l’idée qu’en fait, le temps est mon allié.

La patience

Oh, je ne suis pas devenue plus patiente dès cet instant! Les étapes du changement je les ai vécues dans cette transformation.

  • J’ai d’abord tenté de m’accrocher à mon ancien fonctionnement d’impatiente car c’est ce que je connaissais le mieux et donc ce qui nous semble souvent le choix le plus sûr.
  • J’en ensuite osé entrevoir comment je pourrais agir et penser autrement, je me suis autorisée à essayer de me voir comme une fille qui serait patiente dans sa vie. Comment cela se passerait-il? Était-ce possible? Arriverais-je à cette transformation, vraiment, moi?
  • Vint ensuite la décision; oui! Je voulais apprivoiser la patience car oui! Je croyais que le temps était mon allié. J’avais encore à déterminer des façons d’agir autrement et revoir mon fonctionnement humain toutefois j’en avais envie et j’y croyais.
  • Finalement, comme toujours la dernière étape de tout changement est l’intégration totale. J’y suis encore car selon moi, notre évolution est sans fin et toutes les situations de nos vies sont des occasions de repousser encore plus loin nos apprentissages.

Le temps et moi, maintenant

Je confirme que j’ai encore des moments d’empressement, des moments de hâte, de vive fébrilité où j’ai tendance à me projeter et vouloir aller plus vite. J’ai encore parfois des craintes lors des moments de latence ou je suis en hibernation, en grand repos mental, en observation. Je me demande encore quelques fois dans ces moments si ma
fougue et mon audace revivront lorsque mon printemps arrivera. Et comme toujours le printemps revient, toujours ma fougue elle aussi revient.

  • Publié par : Caroline Vaillancourt

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